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Michel Billières

La perception de la parole

La perception de  la parole constitue encore un véritable défi. Depuis une quarantaine d’années, elle est expérimentalement étudiée par des spécialistes de différentes disciplines, de divers secteurs des sciences humaines et des sciences de l’ingénieur, avec à chaque fois des enjeux très différents. Chaque discipline développe des recherches spécifiques dans divers domaines où l’on propose des études systématiques sur tel ou tel aspect du signal parolier. Les interactions entre les différents champs disciplinaires ne sont pas toujours évidentes. Elles ne permettent pas encore de brosser un tableau complet de cette éminemment complexe de processus qu’est la perception des sonorités parolières.

Parler est une activité tellement banale que l’on ne soupçonne même pas le formidable exploit cognitif que demandent la production et la réception d’un discours. En langue maternelle, lorsque nous écoutons, notre interlocuteur produit en moyenne entre 100 et 200 mots par minute. Ceci correspond à l’émission de 3 ou 4 syllabes ainsi qu’à l’actualisation de 12 à 20 phonèmes par seconde. Cela signifie que nous identifions un mot toutes les 400 millisecondes environ en allant le récupérer au sein d’un lexique mental comprenant quelques 60 000 unités pour un individu normal. Cette activité peut se poursuivre longtemps, et nous comprenons en temps réel, sans effort et sans fatigue (quoique parfois…).

La méthode verbo tonale d’intégration phonétique (MVT) repose sur le postulat qu’on reproduit mal les sonorités d’une langue étrangère car on les perçoit incorrectement. On est phonologiquement sourd aux sons de la L2. La métaphore géniale et pédagogiquement séduisante du crible phonologique constitue un point de départ. Mais n’explique pas tout. Aujourd’hui, comprendre les mécanismes, les processus et le fonctionnement et le fonctionnement de la perception en suivant l’avancée des recherches s’inscrit logiquement dans une démarche MVT. Cet article inaugure une série portant sur les processus psycholinguistiques dans le traitement des sonorités parolières.Read More »La perception de la parole

La norme phonétique en français

Existe-t-il une norme phonétique en français? Un modèle de référence utile, entre autres, pour les enseignants de français, celui qu’il conviendrait sinon d’installer du moins de donner comme exemple aux apprenants? Serait-ce celui qui est proposé dans les enregistrements de méthodes? Comment se situent les professeurs de fle et de flm: le reconnaissent-ils comme un modèle (sur la base de quels éléments), s’y identifient-ils, en sont-ils dépositaires et si non?.. Le sujet est à risques. Et laisse très rarement indifférent. Il peut rapidement provoquer embarras, irritation, gêne, condescendance, ironie…

Cet article traite des différents modèles de référence du phonétisme français durant le XXème siècle. Avec l’émergence, en ce début de 3ème millénaire, d’un nouvel étalon phonétique… de quoi désarçonner les puristes réfractaires à tout changement. Lequel est inéluctable. La norme phonétique ne peut être gouvernée et corsetée par des règles, contrairement à l’écrit. Elle évolue. Les usagers n’y sont pas forcément sensibles. Ces modifications interviennent dans le temps; et les gens sont plus préoccupés par le fond que la forme. Les phonéticiens et les phonologues sont constamment à l’affût. Ils sont en mesure de décrire toujours plus précisément ces transformations dues à de multiples facteurs.

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Entendre, chanter, voir et se mouvoir.

C’est le thème d’une Journée d’Études qui se tiendra les 5 et 6 novembre 2015 à l’INALCO (Paris). Dans une situation de communication ordinaire, le contexte, la gestuelle, les mimiques consolident, nuancent, parfois même contredisent – dans le cas de l’ironie ou de l’humour par exemple – les propos énoncés. Dans la classe de langue, l’apprenant a longtemps dû se contenter de représentations de la réalité, de faire-semblant, de mises en situation proposés par l’enseignant. Privé de tout modèle et de tout repère, l’exercice d’interprétation y était alors particulièrement ardu parce que trop pauvre en messages complémentaires à l’énoncé linguistique.Depuis une cinquantaine d’années, les supports permettant de compléter le message strictement linguistique, dans la classe de langue, se sont considérablement développés. De nos jours ils foisonnent et permettent une diversification des façons de s’approprier les connaissances.

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Le fle a des ressources

Cet article est une contribution à la rubrique « Ressources » du blog. J’y recense les sites institutionnels incontournables pour collecter de l’information en fonction de mes centres d’intérêt en didactique et méthodologie du fle. Les sources que je propose présentent l’avantage

  • de filtrer les données et de présenter divers médias accompagnés d’un commentaire qui en souligne les qualités et la pertinence;
  • de souvent les organiser sous forme de dossiers commentés avec indication de liens complémentaires permettant d’étendre la recherche.

Ces sites de qualité délivrent une information sérieuse sur les sujets du moment. Ils méritent que l’on s’abonne à leurs flux RSS ou à leur infolettre. En voici cinq que je parcours très régulièrement et toujours avec profit. Et j’en profite pour remercier les équipes qui les font vivre.

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La méthode articulatoire

La méthode articulatoire et la méthode verbo tonale (MVT) sont les démarches les plus connues en phonétique corrective appliquée à une L2. Elles s’opposent dans l’histoire du fle depuis les années 60. Les partisans de l’approche articulatoire ignorent superbement (souvent au propre comme au figuré) la méthodologie MVT; les adeptes de cette dernière dénoncent régulièrement les lacunes, insuffisances et inexactitudes d’une présentation exclusivement fondée sur la description de l’activité simplifiée à outrance de quelques uns des organes intervenant dans l’activité phonatoire. Cet article prolonge une réflexion déjà entamée dans ce blog sur la pédagogie de l’enseignement de la prononciation dans l’enseignement d’une langue étrangère. Il se compose de trois parties. Tout d’abord, un rapide rappel du contexte. Ensuite, un commentaire concret de la méthode articulatoire à partir d’exemples de manuels. Enfin, un constat: la méthode articulatoire n’en est pas une, elle ne repose sur aucune méthodologie, c’est plus une approche. Celle-ci est utile en phonétique corrective appliquée au fle. Il serait dommageable de s’en priver. Mais il convient de l’utiliser à bon escient.

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