La place Saint-Georges dans le centre de Toulouse

La perception catégorielle des sons de parole

La catégorisation consiste en un processus permettant de regrouper des entités différentes ayant des propriétés communes au sein d’une même représentation unitaire. Nous verrons d’abord tout l’intérêt de cette opération mentale qui assure un classement des objets du monde dans des catégories générales. Cet ordonnancement permet une meilleure interaction avec l’environnement. Nous évoquerons ensuite la perception catégorielle des sons de parole. Tout individu « range » tel ou tel son dans une catégorie précise. Le principe de perception catégorielle est utile pour un professeur de langue vivante. Il permet de comprendre le phénomène de surdité phonologique en L2. Il apporte un éclairage scientifique à la métaphore du crible phonologique couramment évoquée pour le commenter.

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La perception de la parole

La perception de  la parole constitue encore un véritable défi. Depuis une quarantaine d’années, elle est expérimentalement étudiée par des spécialistes de différentes disciplines, de divers secteurs des sciences humaines et des sciences de l’ingénieur, avec à chaque fois des enjeux très différents. Chaque discipline développe des recherches spécifiques dans divers domaines où l’on propose des études systématiques sur tel ou tel aspect du signal parolier. Les interactions entre les différents champs disciplinaires ne sont pas toujours évidentes. Elles ne permettent pas encore de brosser un tableau complet de cette éminemment complexe de processus qu’est la perception des sonorités parolières.

Parler est une activité tellement banale que l’on ne soupçonne même pas le formidable exploit cognitif que demandent la production et la réception d’un discours. En langue maternelle, lorsque nous écoutons, notre interlocuteur produit en moyenne entre 100 et 200 mots par minute. Ceci correspond à l’émission de 3 ou 4 syllabes ainsi qu’à l’actualisation de 12 à 20 phonèmes par seconde. Cela signifie que nous identifions un mot toutes les 400 millisecondes environ en allant le récupérer au sein d’un lexique mental comprenant quelques 60 000 unités pour un individu normal. Cette activité peut se poursuivre longtemps, et nous comprenons en temps réel, sans effort et sans fatigue (quoique parfois…).

La méthode verbo tonale d’intégration phonétique (MVT) repose sur le postulat qu’on reproduit mal les sonorités d’une langue étrangère car on les perçoit incorrectement. On est phonologiquement sourd aux sons de la L2. La métaphore géniale et pédagogiquement séduisante du crible phonologique constitue un point de départ. Mais n’explique pas tout. Aujourd’hui, comprendre les mécanismes, les processus et le fonctionnement et le fonctionnement de la perception en suivant l’avancée des recherches s’inscrit logiquement dans une démarche MVT. Cet article inaugure une série portant sur les processus psycholinguistiques dans le traitement des sonorités parolières. (suite…)

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