Les principes généraux du structuralisme

Le structuralisme règne en maître dans le monde de la linguistique au tout début des années 60. Il s’impose en Pédagogie des Langues (expression antérieure à Didactique), notamment dans l’univers du FLE.  Les auteurs de la méthode SGAV Voix et Images de France (1960) s’inspirent directement de ses principes et de ses apports dans leurs procédures méthodologiques visant à travailler l’oral comme dans la conception de maintes batteries d’exercices destinées au laboratoire de langues. Cet article rappelle un certain nombre de préceptes constituant l’essence du structuralisme.

La publication en 1916 du Cours de linguistique générale par des disciples du linguiste genevois Ferdinand de Saussure marque les débuts du structuralisme.  Le structuralisme ne constitue pas une communauté de doctrine. Ce terme s’applique à diverses écoles linguistiques, selon les époques et selon les personnalités ayant marqué tel domaine ou tel courant.

Examiner les dissemblances entre les différentes écoles du structuralisme européen, voir ce qui constitue l’originalité du structuralisme américain ne nous concerne pas ici. Ce qui nous importe, c’est de montrer les convergences qui permettent à ces divers courants de se rattacher au structuralisme, c’est-à-dire à une conception et une méthode d’analyse de la langue impliquant la notion de structure linguistique.

 

1. Les disciplines constitutives du structuralisme.

Nous allons passer en revue les disciplines constituant ce qu’il est convenu d’appeler le « noyau dur » de la linguistique.

♦ La phonologie établit l’inventaire des phonèmes d’une langue. Les phonèmes sont des formes acoustiques pertinentes qui s’organisent en système, composé d’un nombre limité d’unités, pour une langue donnée.

Un phonème a une valeur fonctionnelle en tant qu’il permet d’assurer la communication. C’est ainsi que /p/, /b/, /m/ sont des phonèmes car ils permettent de distinguer pain, bain, main. En revanche, le « r » roulé ou le « r » grasseyé constituent des variantes non pertinentes : le fait de prononcer mer en roulant le « r » ou en faisant vibrer la luette ne pose aucun obstacle à la communication et ne permet pas de confondre ce mot avec terre, serre, paire, etc. L’étude de ces variantes est du ressort de la phonétique –articulatoire, acoustique, perceptuelle)-.

Certains strucuralistes excluent d’ailleurs a phonétique du champ de la linguistique car son domaine est du ressort de la parole et non de la langue (cf. infra).

♦ La morphologie étudie la forme des mots dans leurs différents emplois et constructions, ainsi que l’interprétation liée à cette forme.

Certains mots se composent d’une suite de sons que l’on peut segmenter en plusieurs éléments qui se rencontrent dans d’autres mots du lexique. Par exemple, –eur se retrouve dans professeur, agriculteur, sénateur… Ces formes sont appelées morphèmes. Ce terme est utilisé de façon globale pour parler des unités porteuses de sens.

Les morphèmes constituent un niveau d’analyse distinct de celui des sons et de celui des mots.

♦ La syntaxe étudie les combinaisons et les règles qui permettent aux mots de se combiner en des unités linguistiques plus vastes appelées syntagmes qui eux-mêmes donnent des phrases. Il existe plusieurs théories syntaxiques qui tentent toutes d’expliquer la forme des phrases.

♦ La sémantique est la discipline étudiant le sens dans la langue. Le sens peut se rapporter à des unités telles que le mot (sémantique lexicale) ou la phrase. La sémantique du discours s’attache à analyser la construction et la progression du sens dans les énoncés. Elle doit tenir compte de nombreux paramètres liés à l’énonciation.

2. Principes essentiels du structuralisme.

Le linguiste travaille sur un corpus qui est la manifestation matérielle de la compétence linguistique d’un ou de plusieurs individus. Le fonctionnement d’une langue dépend en effet de règles que les locuteurs appliquent individuellement sans avoir une conscience explicite du système dont elles dépendent.

Pour décrire ce système et en dégager les règles de fonctionnement, le linguiste observe tout d’abord les comportements linguistiques. En cela, la linguistique est une science empirique. Mais elle est également une science théorique ; sur la base de ses observations, le linguiste construit une théorie ou un modèle destinés à expliquer le fonctionnement de la compétence linguistique. Il doit par conséquent :

  • observer attentivement des manifestations linguistiques concrètes
  • les décrire avec un maximum de détails
  •  construire, à partir des faits observés, des hypothèses, des règles et des lois ;
  • élaborer un modèle linguistique cohérent expliquant le fonctionnement de la langue en s’appuyant sur l’ensemble des hypothèses, règles et lois.

Le linguiste étudie la langue. Son objectif est de faire l’inventaire de ses unités constitutives et d’en dégager les règles de fonctionnement à différents niveaux de structures (phonologiques, morphologiques, syntaxiques). La linguistique structurale est toujours taxinomique.

Pour cela, il faut travailler sur ce qui est commun aux usagers d’une langue donnée. La langue est sociale et indépendante de l’individu. La parole, au contraire, est la partie individuelle de la langue. Elle est soumise à diverses variations (régionales, idiosyncrasiques, etc). Son étude reste secondaire tant que les règles générales du fonctionnement de la langue ne sont pas établies et inventoriées.

Le signe linguistique.

La langue permet aux individus de transmettre des messages grâce à une unité psychique, inscrite dans l’inconscient des sujets, que Saussure appelle signe. Le signe linguistique se compose d’un signifiant (noté Sa), directement perceptible –par l’oreille, par l’écriture- et d’un signifié (noté Sé), accessible à travers le signifiant, et correspondant à un concept présent en mémoire.

Sa et Sé sont indissociables, l’un ne fonctionne pas sans l’autre.

Pour les personnes non familiarisées avec l’univers de la linguistique, nous rappelons ci-dessous les trois propriétés du signe – l’arbitraire, la linéarité, le caractère discret – et soulignons la différence entre signe et référent.

l’arbitraire du signe.

Il caractérise les rapports entre Sa et Sé. La langue est arbitraire car elle est une convention implicite entre les membres de la communauté qui l’utilisent. Arbitraire = acte conventionnel consistant à associer un son et un sens :

Le mot « chien »

  • ne ressemble pas à un chien ;
  • ne marche pas comme un chien;
  • n’aboie pas comme un chien.

Pourtant, il signifie « chien ».

Pour tout individu, la mémorisation associant le son au sens s’est effectuée dans l’enfance.

Grâce à cette mémorisation standardisée, tous les membres d’une communauté linguistique jouissent d’un énorme avantage : l’aptitude de transmettre presque instantanément un concept d’un esprit à un autre. Arbitraire est synonyme de conventionnel, car le sujet n’a pas la possibilité de faire dépendre de sa volonté personnelle

  • le choix de la forme (Sa) exprimant tel Sé ;
  • le choix d’un Sé pour telle forme.

le caractère linéaire du signe.

Le signe linguistique se déroule dans le temps. Ses éléments peuvent apparaître successivement, jamais simultanément : [baRk] : [b] et [a] ne peuvent pas être prononcés en même temps : on a [ba] ou [ab]. La linéarité est une caractéristique fondamentale des langues naturelles. Tout le mécanisme de la langue en dépend :

–       dans le cadre du Sa, la position respective des phonèmes peut assurer une fonction distinctive :

o   /alp/ : Alpes

o   /pal/ : pale

o   /lap/ : lape

o   /pla/ : plat

–       Dans le cadre de la phrase, la position des mots permet d’identifier leur fonction : Pierre bat Paul / Paul bat Pierre

Le caractère linéaire de la chaîne parlée

  • impose la syntaxe, càd la nécessité de marquer les relations entre les unités afin que l’interlocuteur puisse reconstituer la globalité de l’expérience ;
  • exige une certaine redondance du discours, surtout à l’oral, afin de faciliter la compréhension : on ne peut pas revenir en arrière.

le caractère discret du signe.

Une unité linguistique est définie par sa place et sa position dans le système : c’est en cela qu’elle est discrète. Chaque unité s’oppose à toutes les autres sans gradation.

Exemple : :polvaobaR/

/baR/ s’oppose à tous les autres signes, notamment à « café », « bistrot », « troquet »…

Si on considère les unités minimales composant /baR/ :

/b/ s’oppose à /k/ : « car »

/R/ s’oppose à /l/ : « bal ».

Chaque unité est distincte des autres.

Le caractère discret des unités linguistiques est la condition fondamentale de la segmentabilité des énoncés, càd de découper la chaîne sonore en unités de différents rangs. Le signe est arbitraire et il est imposé à tous les membres d’une communauté linguistique.

Ni l’individu ni la société ne peuvent modifier délibérément le choix qui a été fait :

  • la langue est liée au passé, le poids de la tradition est trop fort ;
  • la langue est tellement complexe qu’il est impossible de la changer dans sa totalité.

Mais le signe évolue :

« voiture » désignait autrefois un véhicule hippomobile ; il est aujourd’hui l’équivalent de « véhicule » ;

« machine à laver » tend à disparaître au profit de « lave linge » ;

« nourrice » est remplacé par « assistante maternelle »

« vendeuse » est concurrencé par « hôtesse »

« vérificateur » au lieu de « contrôleur ».

Le signe et le référent.

Les signes constituent un système autonome indépendant de ce qu’ils nomment. Qu’il soit prononcé ou écrit, le « mot » ne peut évidemment pas être la chose désignée puisqu’il ne s’agit que d’un symbole pour cette chose. Un signe symbolique est une forme donnée qui symbolise et remplace un concept. Ce concept, lui, est relié à un ensemble d’entités appartenant au monde des expériences vécues et des idées.

Le référent

  • est l’entité à laquelle nous faisons référence au moyen d’un mot ;
  • c’est l’objet ou l’être réel qui existe dans la réalité objective, extralinguistique.

Il ne faut pas confondre Sé et référent. Le référent est un fragment de réalité. Alors que le Sé

  • tire une partie de sa valeur de la réalité à laquelle il renvoie mais il n’est jamais identique à cette réalité puisqu’il est arbitraire ;
  • est une RE-présentation de la réalité. Il en retient certaines propriétés ;il en élimine d’autres.

Exemple : le Sé du mot « arbre » :

–       ne tient pas compte de la diversité des arbres du monde

–       ne retient que ce qui est commun à tous :

o   notion

  • de racine
  • de tronc
  • de branchage
  • de feuillage

Le Sé est une abstraction :

  • il simplifie la complexité du réel ;
  • il est mieux organisé que la réalité car il met l’essentiel en évidence et donne un 1er classement des éléments du monde.

Les Sé varient d’un individu à l’autre alors que la réalité est la même

  • en fonction des expériences individuelles : « neige » dans certaines cultures peut être désignée par de multiples mots en indiquant l’état, la qualité, etc.
  • en fonction du nombre de signes utilisés par chacun. Aucun individu ne dispose du même stock de signes.

Le Sé comprend simultanément des traits

  • que l’on peut mettre en relation avec le référent ;
  • qui expriment la position respective des signes les uns par rapport aux autres dans les systèmes individuels. C’est ce qu’on appelle la valeur du signe.

 Le linguiste structuraliste privilégie l’étude synchronique, soit l’état d’une langue à un moment donné, à l’étude diachronique, soit l’évolution et le devenir de cette langue. En effet, les sujets parlants ignorent tout des lois d’évolution de leur langue et ils obéissent aux contraintes des structures linguistiques de leur époque.

 La langue est un système. Elle est composée d’unités de différents niveaux (rangs). Chaque unité est définie par les relations qu’elle entretient avec les autres unités et l’ensemble du système. Chaque unité se définit par les rapports de hiérarchie, de solidarité et d’opposition par rapport à toutes les autres unités. « Dans la langue il n’y a que des différences » disait Saussure.

Pour certaines écoles relevant du structuralisme, la langue présente un caractère immanent : elle doit être étudiée pour elle-même. Le système linguistique est un système fermé où tous les rapports sont de dépendance interne. Il convient donc d’étudier uniquement des phrases. Tout ce qui relève de la situation de communication ou de l’intention du locuteur est « extralinguistique » et se situe en dehors du domaine de l’analyse structurale

La langue est envisagée comme un code linguistique, soit un système conventionnel (admis par tous) de symboles et de règles permettant de produire et de transmettre un message à un interlocuteur possédant le même code.

C’est pour cela que certains linguistes structuralistes dépassent le principe de l’immanence et considèrent qu’une langue naturelle est un système de communication par excellence. Le locuteur utilise un système restreint de signes vocaux –phonèmes- commun à tous les membres de la communauté linguistique. La combinaison des phonèmes selon les règles propres à la langue permet de former des unités de rang supérieur –morphèmes-. La combinaison des morphèmes en « mots » engendre des syntagmes qui se combinent en phrases.

Ces linguistes considèrent que la fonction première de la langue est de permettre la transmission de messages oraux entre les membres d’une même communauté linguistique.

 3. Aperçu de la méthode de travail en linguistique structurale.

Nous nous fondons sur l’analyse distributionnelle. Les différentes unités linguistiques (UL) d’une langue

  • s’ordonnent successivement sur l’axe syntagmatique (l’axe des combinaisons) ;
  • sont discrètes (distinctes les unes des autres) ;
  • sont en nombre fini ;
  • entrent dans des systèmes d’oppositions sur l’axe paradigmatique (l’axe des choix).

L’identification des UL se fait grâce au test de commutation qui repose sur les deux opérations de segmentation et de substitution.

Il convient donc d’établir l’inventaire des UL, d’en décrire les propriétés et de les répartir selon leurs niveaux (rangs) respectifs.

 Niveau des phonèmes.

Les phonèmes sont des unités sonores ayant un signifiant mais pas de signifié.

Le test de commutation sur l’axe paradigmatique permet de dégager des unités discrètes : par exemple, dans « mon », /m/ s’oppose à /t/ « ton », /s/ « son », /b/ « bond », etc. De même, / ɑ̃ / s’oppose à /a/, « ma », /s/ « sa », etc.

Au terme de l’analyse, on dégage le nombre de phonèmes d’une langue. Ces phonèmes sont en nombre fini (autour d’une quarantaine d’unités pour la plupart des langues). La succession des phonèmes sur l’axe syntagmatique, selon les règles propres de telle ou telle langue, permet de former les unités de rang supérieur, les morphèmes.

 Niveau des morphèmes.

On distingue les

  • morphèmes lexicaux ou lexèmes, qui ont un sens plein (signifié très riche) et font partie du lexique de la langue ;
  • morphèmes grammaticaux qui font partie de la grammaire et ont un signifié très pauvre. Le pronom personnel « je » a pour seul signifié « 1ère personne du singulier ».

Le morphème peut être un mot simple ou un affixe. Un mot simple peut apparaître seul et fonctionne comme un morphème « libre ». L’affixe, par définition, n’apparaît jamais seul et a un statut de morphème dépendant ou « lié ».

Le test de commutation permet d’identifier les différent morphèmes.

Sur l’exemple du corpus suivant :

Je mange un bonbon

Il mangera un bonbon

Mangez un bonbon

Ils mangèrent un bonbon

a) les formes de « mange mangera, mangez, mangèrent », sont composées de deux unités significatives. On a mang qui est commun à tous ces mots, et e, era, ez, èrent qui diffèrent dans chacun.

b) Si devant e on remplace le segment mang par aval + e, croqu + e, recrach + e, ou encore si dans mange on substitue e par un autre segment, une partie du sens demeure, une partie change.

D’autre part, tous ce segments se retrouvent dans d’autres mots, chacun avec leur sens. Toutes ces unités composant les mots ont une valeur significative. Ce sont des morphèmes. L’analyse distributionnelle permet d’isoler et de classer tous les morphèmes constituant un syntagme ou une phrase. La méthode peut aussi s’appliquer aux unités significatives non minimales, ce qui permet de voir les substitutions s’opérant entre un morphème et un syntagme.

 Niveau des phrases.

Soit la phrase « Le facteur apporte une lettre ». L’analyse en constituants immédiats met en évidence qu’elle n’est pas simplement constituée d’une simple succession de morphèmes mais qu’elle est structurée en différents niveaux. La représentation arborescente en fait la démonstration. (P = phrase, SN = syntagme nominal, SV = syntagme verbal, Dét. = déterminant, N = nom).

syntaxe

 Si cet arbre est lu de haut en bas, la hiérarchie des constituants de la phrase va de l’unité supérieure P aux unités plus petites.

Si la lecture de l’arbre s’effectue de bas en haut, elle permet de dégager progressivement les relations syntagmatiques entre les éléments, c’est-à-dire les groupes d’éléments formant des unités syntaxiques. Ceci établit qu’une phrase n’est pas une suite linéaire de mots mais est constituée d’une hiérarchie de groupes syntaxiques s’emboîtant les uns dans les autres pour former des groupes de plus en plus étendus convergeant vers l’unité maximale P.

structuralisme

 

Dans d’autres billets, nous évoquerons les apports de la linguistique structurale à l’enseignement/apprentissage du FLE ainsi que les raisons de la désaffection de certains didacticiens envers le structuralisme.

11 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

  1. Bonet, Erica

    J’ai toujours eu beaucoup de mal à comprendre et réaliser les représentations arborescentes, mais là, c’est incroyablement bien expliqué et pourtant c’est juste une petite démonstration! Merci beaucoup d’avoir créé ce blog!

    Publié le 9 janvier 2015 à 21:54
    • Michel Billières

      Merci pour ces paroles d’encouragement. L’un des objectifs de ce blog est effectivement de contribuer à aider ses lecteurs dans un domaine pouvant être déroutant.

      Publié le 11 janvier 2015 à 10:48
    • Michel Billières

      C’est moi qui vous remercie.

  2. NADI

    Merci, très explicite et utile.

    Publié le 1 décembre 2016 à 21:04
    • Michel Billières

      Un grand merci pour ce commentaire si positif.

      Publié le 3 décembre 2016 à 09:35
  3. NADI

    Merci, votre cours est magnifiquement expliqué, et j’ai finalement réussi à comprendre la corrélation entre signifié et signifiant.
    Bonne continuation !

    Publié le 2 décembre 2016 à 14:45
    • Michel Billières

      Content d’apprendre que le contenu de cet article vous a été profitable. Je vous remercie de me le faire savoir, ceci est toujours encourageant.

      Publié le 3 décembre 2016 à 09:34
  4. amina

    merci bcp pour ces infos

    Publié le 1 janvier 2017 à 15:50
  5. yousra la zine

    Avec peu de mots et un style trés simple ,vous m’avez récapitulé les cours d’une année.Merci.

    Publié le 3 novembre 2017 à 20:42
    • Michel Billières

      Ce genre de témoignage procure toujours un grand plaisir, merci à vous.

      Publié le 4 novembre 2017 à 11:56

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