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Pourquoi le rythme et l’intonation sont difficiles à imiter en L2

Le rythme et l’intonation d’une langue étrangère (L2) sont souvent extrêmement difficiles à imiter. C’est même carrément impossible pour un grand nombre d’apprenants. Certains ne s’en rendent même pas compte. Ou, s’ils le soupçonnent, n’y accordent guère d’importance. D’autres éprouvent une grande frustration. Ils sont conscients de percevoir des caractéristiques sonores originales de la L2. Ils décèlent telle ou telle particularité: une montée ou une descente intonative particulières; une intensité inhabituelle; ou bien un allongement ou une réduction intempestifs de la durée. Ils savent exactement où cela se situe dans la chaîne sonore. Et sont incapables de restituer fidèlement ces phénomènes.

Plusieurs causes expliquent cette surdité fonctionnelle entravant l’assimilation de la prosodie d’une langue étrangère. J’évoquerai ici celle qui est due à la mise en place du crible prosodique. Elle intervient très précocement dans la vie de tout individu. Elle se développe durant la 1ère année de son existence. Le crible prosodique est déjà installé dans ses grandes lignes vers 10-12 mois. C’est sur cette base que « démarre » le crible phonologique proprement dit correspondant à l’acquisition graduelle des voyelles et consonnes de la langue maternelle. (suite…)

La phonétique, vilain petit canard de la didactique

Qualifier la phonétique de vilain petit canard de la didactique peut sembler incongru. Mais cette image est liée à la représentation que l’on se fait de cette discipline. Certains l’estiment nécessaire mais butent contre des difficultés: méthodes correctives surannées, matériel pédagogique ne se renouvelant pas, énormes difficultés dans l’amélioration la prononciation des élèves… D’autres ne voient pas l’intérêt de travailler les aspects phonétiques de la langue étudiée: perte de temps, d’énergie, c’est à l’apprenant de décider…

Cet article est une mise au point sur la situation de la phonétique corrective et de l’enseignement de la prononciation appliqués au FLE en 2014. On peut aboutir à un constat double. Si l’on est pessimiste, les raisons ne manquent pas pour incriminer cette matière et pointer le manque de résultats souvent observés. Mais l’on peut aussi avoir une vision plus optimiste et considérer que la phonétique corrective apporte un plus aux apprenants comme aux enseignants. (suite…)

Le rythme parolier

Le rythme parolier constitue le fondement de l’architecture sonore d’une langue. Il exerce une influence notoire sur les sons de parole. L’intonation est en partie dépendante de lui. Son appréhension correcte est essentielle quand on entreprend l’étude d’une langue étrangère.

Cet article constitue une introduction à la problématique du rythme parolier en phonétique corrective. Il se compose de deux parties. Tout d’abord, je montrerai l’extrême complexité de ce phénomène qui rend délicate toute tentative de définition. Ensuite, j’aborderai l’importance du rythme parolier dans la pédagogie de l’enseignement de la prononciation d’une langue étrangère. (suite…)

La diphtongaison des voyelles en fle, comment y remédier

La diphtongaison des voyelles en français est un phénomène récurrent chez certains groupes linguistiques, les anglophones notamment. Ce phénomène consiste à produire une voyelle française avec un changement de timbre en cours d’émission. Cette erreur est persistante, délicate à éradiquer si on la néglige, toujours révélatrice d’un « accent » étranger.

L’objet de cet article est de recenser et décrire les procédés de remédiation destinés à faire disparaître la diphtongaison vocalique en français. Mais également d’en justifier la logique. Le professeur de FLE doit avoir une connaissance explicite des procédures qu’il applique en phonétique corrective. Sinon, l’incompréhension, le découragement ou l’échec sont souvent au rendez-vous. (suite…)

Pratique commentée de phonétique corrective: le son [y]

 

Soit un professeur de FLE désireux d’intervenir sur la prononciation de ses élèves mais manquant d’assurance pour se lancer. Ou échaudé à la suite d’un échec. Ou n’ayant pas forcément un bagage consistant en phonétique corrective. Comment s’y prendre ? En fait, l’enseignant doit

  • avoir un certain nombre d’informations sur ce qu’implique cette activité particulière qui consiste à « forcer » les défenses naturelles de l’apprenant pour l’amener à produire les bonnes sonorités ;
  • connaitre des procédures de correction efficaces car ayant fait leurs preuves et reposant sur un socle théorique décrit et argumenté;
  • savoir ce qu’il fait quand il applique un procédé de remédiation.

C’est ce que je me propose de traiter dans cet article en prenant le cauchemardesque son [y] comme exemple commenté.

(suite…)

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