La collection Charles-Cros sur Gallica

Gallica est la bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France (BnF). En libre accès, elle regroupe plusieurs centaines de milliers de documents numériques: livres numérisés, fascicules de presse et revues, images, manuscrits, documents sonores…

Gallica donne accès à la collection Charles Cros qui rassemble plus de 1400 appareils d’enregistrement et de lecture de documents sonores, vidéo et multimédia. Héritière des institutions qui ont précédé le département de l’Audiovisuel, elle présente trésors et excentricités techniques, objets du quotidien et prototypes industriels. Constituée au fil du temps, la collection Charles Cros est étroitement liée aux fonds patrimoniaux du département de l’Audiovisuel, et pour cette raison touche par essence à de nombreux domaines, présentés sous forme de parcours thématiques.

Instruments des Archives de la Parole.

En 1911, Ferdinand Brunot, linguiste renommé et directeur du laboratoire de phonétique de la Sorbonne, fonde les Archives de la Parole. Il obtient le mécénat d’Emile Pathé, alors leader du marché des phonographes en France, pour équiper cette nouvelle institution qui se donne pour mission de constituer un atlas sonore des langues de France.  Pour ce faire, Pathé fournit aux Archives de la Parole de nombreux appareils hors du commun qui permettront de réaliser les collectes d’archives orales : prototypes construits et utilisés dans les usines Pathé de Chatou et appareils modifiés pour les besoins spécifiques des chercheurs sont d’abord installés au quatrième étage de la Sorbonne, avant de trouver leur place au 19 rue des Bernardins.

A partir de 1938, les Archives de la Parole sont peu à peu absorbées par la Phonothèque nationale,  chargée du dépôt légal des phonogrammes institué la même année.  La Phonothèque collecte et met à disposition du public les documents sonores édités tout en continuant à effectuer des campagnes de collectes d’archives orales pour la recherche. Elle conserve les appareils d’époque qui permettront de relire les supports les plus anciens tout en témoignant de l’évolution des techniques d’enregistrement. A ces trois missions correspondent trois espaces bien distincts dans les emprises de l’institution : un studio d’enregistrement, une salle de lecture et une salle d’exposition rétrospective

Le studio d’enregistrement.

En 1911, Emile Pathé dote les Archives de la Parole de plusieurs appareils d’enregistrement de type professionnel. En échange de l’aide financière et technique de l’entreprise, les Archives de la Parole s’engagent à céder l’exploitation commerciale de certains de leurs enregistrements que Pathé inclut à son catalogue.  Cet accord permet aux Archives de la Parole d’effectuer des collectes ethnolinguistiques majeures en France et à l’étranger, et de poursuivre leur  entreprise de constitution de corpus sonores : voix célèbres, cris de Paris, phoniatrie…

En 1911-1912, les Archives de la Parole se voient doter d’appareils entièrement mécaniques comme le Puits à pétrole, tout droit sorti des studios Pathé, ou le prototype de Ronéophone utilisé lors de la  campagne des Ardennes. Pathé modernise ensuite à plusieurs reprises le studio d’enregistrement. En 1927, les appareils mécaniques font place à l’enregistrement électrique.

La salle de lecture.

Les Archives de la Parole se dotent rapidement d’une salle de lecture pour mettre à disposition des chercheurs les enregistrements effectués. Cette salle devient d’autant plus nécessaire que le dépôt légal des phonogrammes, institué par la loi en 1927, est confié au Musée de la parole et du geste.  En 1938, le décret d’application de cette loi fonde la Phonothèque Nationale, qui s’installe dans les emprises du Musée. La salle de lecture met à disposition des appareils permettant l’écoute des archives sonores les plus anciennes et des documents du dépôt légal les plus récents, cartons et rouleaux de musique mécanique, cylindres de cire, disques.  On y expose également des appareils destinés à des auditions publiques ou des démonstrations, comme le Pathéphone vitré de Ferdinand Brunot, ou l’électrophone Thomson et son résonateur dynharmonique.

La salle rétrospective.

En 1927, Pathé s’apprête à détruire plusieurs lots de prototypes et d’anciens modèles de phonographes lorsqu’Hubert Pernot, directeur du Musée de la Parole et du Geste, lui propose de récupérer ces appareils pour les présenter dans une salle dite rétrospective. Cette initiative est à l’origine de la collection Charles Cros.

Le directeur du Musée voit dans ces appareils, déjà patrimoniaux, des traces du passé mais également le moyen de pouvoir relire des enregistrements anciens. Hubert Pernot initie également plusieurs collectes ethnologiques et ethnomusicologiques. La salle rétrospective s’organise ainsi autour des premiers modèles de phonographes à cylindre et des instruments de musique traditionnelle rapportés à l’occasion des campagnes de terrain.

Enseignements de la Phonétique expérimentale.

Les recherches fondamentales de l’Institut de phonétique et des autres laboratoires donnent aux praticiens les bases de nouvelles méthodes de traitement des pathologies liées à la parole : correction des défauts de prononciation (bégaiement, chuintement…), rééducation du système phonatoire (auprès des « gueules cassées » de la Grande Guerre ou d’enfants atteints d’un bec de lièvre), apprentissage de la parole pour les sourds et malentendants.

L’Institut de phonétique propose même des cours aux étudiants étrangers désireux de gommer leur accent.

Trois « méthodes » sont utilisées :

  • la méthode phonotechnique (ou phonotactile) d’Adolphe Zünd-Burguet,
  • la méthode graphique héritée de Rousselot,
  • la méthode visuelle inspirée par les travaux de Graham Bell.

Gallica est une merveilleuse pépite. Il faut s’y rendre, déambuler parmi ses collections, se laisser envoûter par la magie des documents qui nous sont révélés. Un voyage à chaque fois unique, à chaque fois enrichissant.

Le site pédagogique de la BnF: Classes.

Le site Classes contient de nombreux dossiers thématiques. Cette autre ressource diffusée par la Bibliothèque nationale de France est également une merveille. Je ne pouvais pas ne pas la signaler, il faut absolument la découvrir si ce n’était déjà fait!

Source images: Pixabay

J’ai repris in extenso le texte de présentation placé en en-tête de chaque page web citée. Je ne pense pas commettre d’infraction au vu de la licence de partage. Mon intention étant de faire connaître cette magnifique recension aux lecteurs du Blog, un extraordinaire voyage dans le temps et le monde des sons…

2 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

  1. julio Murillo

    Merci encore, Michel. Je ne conaissais pas tout ça… et pourtant je m’intéressae à la Phonétique

    Publié le 3 décembre 2015 à 11:12
    • Michel Billières

      C’est avec grand plaisir. Je me suis dis en découvrant ce site que son contenu plairait à tous les amoureux de la Phonétique. Nous partageons la même passion coupable mon cher Julio 🙂

      Publié le 3 décembre 2015 à 19:10

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