Mettre l’accent sur la langue

Suivez l’accent… Connaissez-vous les carnets de route d’André Minvielle? Depuis quelques années, il  élabore une sonothèque des accents de la Francophonie, des langues de France et autres langues à suivre…
Il propose, ici et là, au gré de ses nomadismes accentuels et temporels, de traverser ses ratures, ses prises de notes, dans l’ordre ou le désordre de leurs trouvailles, en direct du local et de quelques universaux : un son une image ou pas. Pour tous les amoureux du français et de la variété de ses accents, ce site est un véritable régal. Visite guidée.

Une sonothèque qui a l’accent.

A. Minvielle a réalisé une extraordinaire sonothèque des accents de France et d’ailleurs. Une magnifique encyclopédie sonore de notre patrimoine linguistique. Enregistrements pris sur le vif, conversations authentiques, autant de témoignages constituant un corpus des plus précieux pour les chercheurs travaillant sur l’oral ainsi que les personnes curieuses de la vie d’une langue qui vont en découvrir toutes les richesses en parcourant les divers sentiers sonores défrichés par André Minvielle et ses amis. Je lui cède la parole pour exposer son projet. Un très joli texte que je lui emprunte dans les lignes qui suivent.

Dans chaque territoire, dans chaque région francophone, aux quatre points cardinaux existe la même langue que ses accents rendent multiple. Il suffit, pour en découvrir les richesses sonores, les richesses verbales, les richesses humaines, d’arpenter la vie, de réveiller la mémoire locale, urbaine ou rurale.

Le projet.

Suivez l’Accent propose un travail de création artistique à partir de matériaux sonores et visuels: glaner les voix et les images ici et là, surprendre les singularités, les faire entendre, les faire vivre.

Depuis des années, André MINVIELLE avec l’association Les Chaudrons effectue le collectage et l’orchestration, de la saga subjective des parlers, des chanters, des histoires de vie des territoires qu’il parcourt en prenant le temps, d’observer, d’écouter, de rencontrer, de collecter ici et là les « accents de la francophonie, des langues de France et autres langues à suivre… »

Il agit sur un principe de déterritorialisation, c’est-à-dire de mise en relation et découverte des territoires par le trajet et l’échange, et fait jouer la matière collectée à l’aide de créations musicales, installations sonores, forum, ou encore ateliers publics.
Cette action est définie par deux directions principales interactives, collectage et restitution :
– Collectage sonore réalisé sur les sites d’accueil.
– Restitution de la phonothèque Suivez l’accent par des modules d’installations sonores.

Suivez l’Accent propose un travail de création artistique à partir de matériaux sonores et visuels: glaner les voix et les images ici et là, surprendre les singularités, les faire entendre, les faire vivre.

Depuis des années, André MINVIELLE avec l’association Les Chaudrons effectue le collectage et l’orchestration, de la saga subjective des parlers, des chanters, des histoires de vie des territoires qu’il parcourt en prenant le temps, d’observer, d’écouter, de rencontrer, de collecter ici et là les « accents de la francophonie, des langues de France et autres langues à suivre… »

Il agit sur un principe de déterritorialisation, c’est-à-dire de mise en relation et découverte des territoires par le trajet et l’échange, et fait jouer la matière collectée à l’aide de créations musicales, installations sonores, forum, ou encore ateliers publics.
Cette action est définie par deux directions principales interactives, collectage et restitution :
– Collectage sonore réalisé sur les sites d’accueil.
– Restitution de la phonothèque Suivez l’accent par des modules d’installations sonores.

Le collectage.

Suivez l’accent fait parler l’accent, celui des marchés, des cafés, l’accent de l’histoire, l’accent de demain, celui qui marche entre deux langues, l’accent couleur…  et le mémorise comme on écrit un livre, comme on ordonne un album de photos.
Dans chaque territoire francophone existe la même langue que ses accents rendent multiple. Il suffit, pour en découvrir les richesses sonores, verbales, humaines, d’arpenter la vie, de réveiller la mémoire locale, urbaine ou rurale.

Ces captations seront destinées aux installations, à un carnet de routes et à des créations radiophoniques en partenariat avec les radios locales. Elles peuvent éventuellement  faire l’objet d’un livre-disque comme cela a été fait en Midi-Pyrénnées avec l’ouvrage Gueules de Voix paru aux éditions Privat en 2008. Ce livre relate le  parcours de collectage effectué dans cette région autour de témoignages écrits des acteurs guides de chaque site, d’un reportage photographique, d’interviews et des musiques créées à ces occasions.

D’un point de vue pratique Le collectage de l’accent est réalisé au fil des rencontres et peut revêtir différentes formes :

• des interviews sur les marchés, dans les cafés, chez les gens ;
• des enregistrements : le son des cloches, une recette de cuisine, une spécificité locale artisanale ou industrielle, des musiciens, des chants d’enfants ;
• des portraits filmés de personnalités, de caractères, d’individus atypiques, étonnants, drôles, tendres, passionnés, détenteurs de l’accent du territoire ou du trajet ;
• des lectures : sur une proposition de Georges Didi-Huberman, la base littéraire commune qui servira au collectage des accents de la francophonie sera un extrait de « Les travailleurs de la mer », de Victor Hugo.

Les installations sonores.

La vocation de ces installations est de créer des dispositifs artistiques permettant de faire valoir de manière subjective des réflexions et interrogations sur la question de l’accent, sur la notion d’altérité et  sur l’idée d’une langue normée et figée souvent discriminante.
La notion d’accent réveille la mémoire, l’histoire, les trajets…
Ces installations se destinent au plus grand nombre, elles peuvent s’adapter à différents lieux : Musées, salle de spectacles, médiathèques, manifestations extérieures, ou encore lieux insolites de la cité ou des villages,  et se  proposent de faire entendre les différentes musiques des langues composant le patrimoine commun d’un territoire.
Mieux entendre et comprendre cette musique d’ailleurs c’est ouvrir un nouvel espace d’entendement où la peur de l’autre s’efface…
Nous ne prétendons pas remplacer les recherches des linguistes, sociologues  ou ethnomusicologues mais proposons un complément artistique à leurs travaux.

Et c’est une réussite (ndlr).

Les carnets de route.

Suivez l’accent derrière votre écran par thème, par résidences ou par départements…
Sous l’onglet Carnets de Route, classés par thèmes ou zone géographique, 10 ans d’enregistrements à découvrir.
Les carnets de route restituent un aperçu du travail de collectage de la langue : interview, moments de vie, ambiances sonores, extraits d’installation ou résonnances de « chaudrons ».
Promenez-vous dans notre bibliothèque sonore à la rencontre de personnalités connues ou non et dégustez les accents d’ici et là…

Quand l’accent est mis en boîte.

Etes-vous prêt pour une promenade sonore dans diverses régions de France (et pas que). Rendez-vous sur la page suivante, choisissez votre destination, ouvrez grand vos oreilles… Et tombez sous le charme de tous ces parlers, de ces saveurs phonétiques chatoyantes…

Mise en boîte: suivez l'accent!

D’autres voix à suivre.

Choisissez votre région. Là encore, découvrez tous ces témoignages sonores. Dépaysement et émerveillement garantis.

Conférence autour de Suivez l’accent.

A. Minvielle a donné une conférence à l’Université d’Avignon en juillet 2013 dans le cadre des Leçons de l’Université. Vous le retrouvez sur YouTube en cliquant ici.

La sauvegarde d’une langue s’effectue notamment par la collecte de données. C’est en cela que l’entreprise d’André Minvielle est précieuse. A mettre en lien avec la suite de cet article.

Langues de France, langues en danger.

Le français n’est pas la seule langue parlée sur le territoire national. L’atlas de l’Unesco recense 26 langues dont la plupart sont estimées « sérieusement en danger » ou bien sérieusement « vulnérables ». En France, on parle encore le basque, le breton, le corse et l’occitan ainsi que le champenois, le bourguignon, le franco-provençal ou encore le picard. Mais aussi le ligurien, l’alémanique, le luxembourgeois, le francique, le flamand occidental, Ainsi que le languedocien, le franc-comtois, le gascon, l’auvergnat, le limousin, le poitevin-saintongeais, le gallo, le normand, le lorrain, le provençal, piémontais ou alpin, le wallon et le rhénan.

Consultez la répartition géographique des langues de France sur la carte disponible ici.

Mettre l’accent sur les langues menacées de disparition.

Cet article est l’occasion de rappeler que sur les 6 000 langues actuellement existantes dans le monde, l’Unesco estime que la moitié au moins aura disparu d’ici la fin du siècle. 1/4 de toutes les langues du monde est parlé par moins de 1 000 personnes. Un langue disparaît en moyenne tous les 15 jours. Un article et un podcast de France info en date du 07/02/2014 exposent les raisons expliquant l’extinction des langues.

Mais ne manquez surtout pas cette superbe capsule vidéo expliquant de façon très claire pourquoi ce phénomène de disparition des langues est inéluctable et comment il se produit au fil du temps. Une grand merci à Daniel Fiévet et son équipe.

En lien avec cet article dans le blog…

Puisque nous avons évoqué l’accent en français, c’est aussi l’occasion de (re)lire

Je consacrerai prochainement un article au phénomène de disparition des langues.

 

Crédits imagettes:

la 1ère provient de https://frenchyexpat.com/2016/04/03/cest-typique-allemand/

la 2ème de http://lnx.lingueunito.org/intercultura/?p=375